M, le béni

Interview Christophe Quillien pour Jean Giraud alias Mœbius

Propos recueillis par Bruce TRINGALE

Après avoir recueilli les mémoires de Jean-Pierre Dionnet, Christophe Quillien publie une pharaonique biographie de Jean Giraud/Mœbius, véritable mur porteur de la culture geek ! Cette interview est parue préalablement dans GEEK 47 à l’été dernier.

Tout d’abord Christophe, je tenais à vous dire que je n’avais pas lu de biographie si complète depuis celle de Gilles Verlant pour Serge Gainsbourg. D’ailleurs les deux avaient créé des doubles artistiques et sont enterrés au cimetière du Montparnasse !

Mœbius a même dessiné les couvertures de trois albums collectifs de bande dessinée consacrés à Gainsbourg. Qui sait s’ils ne continuent pas à dialoguer à notre insu dans leur dernière demeure ? Ils auraient sans doute pas mal de choses à se dire sur différents sujets, à commencer par la musique… Dans cette biographie, j’ai cherché à comprendre le personnage de Jean Giraud/Mœbius en abordant les différentes facettes de sa personnalité et les grandes étapes de son parcours, sans pour autant tomber dans l’excès de détails.

Il est incroyable de constater qu’il s’agit de la toute première biographie de l’artiste depuis sa mort en 2012 !

C’est ce qui m’a toujours étonné, compte tenu de l’importance de Jean Giraud/Mœbius dans l’histoire de la bande dessinée. Bien sûr, il existait son autobiographie, Histoire de mon double, ainsi que les recueils d’entretiens avec Numa Sadoul. Mais, dans ces deux cas, c’est Giraud qui s’exprime à propos de lui-même. Il m’a semblé intéressant de recueillir les témoignages de ceux qui l’ont bien connu afin d’apporter un éclairage différent sur ce personnage pour le moins complexe. Cette absence d’un autre projet de biographie interroge sur la place qu’occupe Giraud/Mœbius dans la mémoire contemporaine et, au-delà de son cas personnel, sur la pérennité des auteurs une fois qu’ils nous ont quittés.

©D.R

Votre biographie intervient après celle de Dionnet. Quelles en ont été les principales étapes et difficultés ?

Dans le cas de Jean-Pierre Dionnet, il s’agissait aussi d’une autobiographie, et donc d’une vision de Dionnet par lui-même, avec les limites de l’exercice. J’ai procédé de manière classique en menant de front des entretiens avec une centaine de témoins, les relectures de l’œuvre de Giraud/Mœbius, la lecture des articles et livres qui lui ont été consacrés, le visionnage de documentaires et de films, notamment de westerns…
J’ai interrogé certains témoins à plusieurs reprises, ce qui m’a permis de constater que la mémoire est une chose fragile, car leurs souvenirs pouvaient varier avec le temps ! Le plus difficile a été de faire le tri dans cette masse d’informations. J’ai parfois été tenté de citer TOUS les témoignages et interviews dont je disposais, ce qui aurait donné lieu à un livre de 5000 pages que personne n’aurait lu et que l’éditeur n’aurait de toute façon pas publié…
L’autre difficulté tenait à l’articulation entre ces différentes sources et mon propre récit, avec l’obligation de rendre le tout cohérent, fluide et lisible…

Dès l’enfance, le petit Jean Giraud est fasciné par le Western et la science-fiction…
Sa première fascination, à l’exemple de tous les garçons de sa génération, c’est le western. Comme son copain Jean-Claude Mézières, le futur dessinateur de Valérian, Giraud rêvait de jouer au cow-boy et de partir au Far-West, mais c’est Mézières qui sera le premier à réaliser ce fantasme. La passion de la S.-F. est arrivée à son adolescence, le jour où son père lui a mis entre les mains un exemplaire de la revue Fiction. D’une certaine manière, c’était une autre forme de western, qui remplaçait les grands espaces américains par les grands espaces intersidéraux.

C’est en faisant son service militaire avec Giraud qu’André Chéret, le dessinateur de Rahan découvre sa vocation !
C’est ce qu’a dit Chéret, mais il est décédé avant que j’aie eu l’occasion de le rencontrer et de recueillir son témoignage.

Une fascination viscérale pour le Far-West.

La rencontre avec Jijé qui lui demande d’encrer ses planches est décisive pour le jeune Giraud.
Oui, et pour deux raisons. D’abord parce que Jijé lui enseigne sa technique du dessin. Il lui apprend à dessiner sans regarder la feuille de papier, à utiliser les photographies comme une source d’information indispensable et à maîtriser les règles de la narration en bande dessinée. Ensuite, en se rendant au domicile de Jijé, Giraud se rend compte qu’un auteur de bande dessinée est quelqu’un de « normal », pas un marginal, ce qui le conforte dans sa volonté de se faire une place dans ce métier qui n’était pas vraiment considéré à l’époque.

Il s’affuble pour la première fois du surnom Mœbius pour Hara-Kiri, une identité qu’il incarnera ultérieurement après un bad-trip !

Il choisit un pseudonyme car sa collaboration à Hara-Kiri représente à ses yeux une rupture, à la fois graphique et intellectuelle, avec ses précédents travaux. Ce pseudonyme, qu’il a trouvé dans une revue de science-fiction, Galaxie, symbolise cette rupture d’identité professionnelle. Il ne le reprendra qu’en 1970, quand il illustrera des couvertures de romans de science-fiction pour les éditions Opta. Puis dans Pilote avec L’Homme est-il bon ?, une histoire publiée en 1974, et dans Métal Hurlant.

Mœbius nourrissait une obsession pour le sadomasochisme. Il pouvait souvent humilier ses proches très durement avec le sourire !
Les fans qui l’ont rencontré lors de séances de dédicaces et les journalistes qui l’ont interviewé gardent souvent en mémoire le souvenir d’un homme doux et agréable, mais Jean Giraud pouvait aussi se montrer cassant et cruel. Il cultivait le goût de la compétition dans ses relations avec les autres dessinateurs. Quant à son attrait pour le sadomasochisme, qui transparaissait dans certains de ses dessins « libres » réalisés dans ses carnets, il relevait surtout du fantasme.

Metallica avant le Black Album…
©DR

Vous publiez des lettres déchirantes de Dionnet qui lui reproche de s’éloigner de lui…
Ces lettres datent des années 1980, et je crois que Dionnet craignait surtout que Giraud privilégie la petite maison d’édition dont Jean était l’un des fondateurs, Ædena, au détriment des Humanoïdes Associés.

Pourquoi a-t-il rechigné à faire entrer Druillet dans le magazine Pilote ?
Philippe Druillet raconte en effet qu’il a dû insister longtemps auprès de Giraud pour que celui-ci lui fasse rencontrer René Goscinny. Je ne connais pas la raison, c’était peut-être parce que Giraud ressentait une forme de jalousie vis-à-vis de Druillet, qui était en avance sur lui dans le domaine de la science-fiction, mais ce n’est qu’une hypothèse.

De même que Giraud changera d’identité au fil des albums, Blueberry n’aura jamais le même visage sans que son lectorat en soit choqué !
C’est une caractéristique de Jean Giraud : il a toujours éprouvé les plus grandes difficultés à « fixer » un visage et à maintenir sa ressemblance, ce qui est pourtant une règle de base de la bande dessinée ! Mais il explique que cette variation dans la représentation des traits reflète les changements d’humeur d’un personnage. Après tout, nous non plus, nous ne faisons pas toujours la même tête en fonction de notre humeur du moment…

Sur Dune, Mœbius devient le traducteur de Jodorowsky : il dessine 3000 dessins pour expliquer le projet à des techniciens qui ne parlent pas sa langue !
Ah, le fameux story-board de Dune… Michel Seydoux, qui produisait ce projet d’adaptation au cinéma du roman de Frank Herbert, explique qu’il s’agit plus d’un scénario dessiné que d’un story-board classique. J’ai eu l’occasion de le feuilleter, on ne peut que regretter qu’il n’en existe pas une version grand public.

Shine On !
©Moebius

The Long Tomorrow a eu une influence décisive sur le cinéma, notamment pour Blade Runner. Elle été élaborée parce qu’il s’ennuyait pendant la préparation de Dune !
Jodorowsky n’était pas toujours là pour s’occuper de ses « guerriers spirituels », comme il surnommait ceux qui travaillaient sur Dune, et il fallait bien que tous ces artistes s’occupent quand il y avait un moment de creux. C’est ainsi que serait née cette histoire, écrite par Dan O’Bannon et dessinée par Mœbius, qui a en effet influencé l’atmosphère et le décor de Blade Runner, le film de Ridley Scott.

Mœbius avouera être soulagé que le film ne se soit pas fait.  Pensez-vous comme Sylvain Despretz que le film aurait ressemblé au Turkish Star Wars ?
Je n’en ai aucune idée car je n’ai jamais vu ce Turkish Star Wars, et je laisse à Sylvain Despretz la responsabilité de ses propos, ha ha ! À vrai dire, personne ne peut affirmer à quoi aurait ressemblé le Dune de Jodorowsky qui a réussi à faire un véritable mythe d’un film qui n’a jamais vu le jour et dont on continue pourtant à parler…

Pendant la préparation des Maitres du temps, l’osmose ne prend pas entre René Laloux et Mœbius. Pourquoi ?

Les deux hommes étaient très différents, c’est vrai, mais les défauts de l’animation des Maîtres du temps sont surtout dus au budget insuffisant du film et au manque d’implication de Giraud.

Selon vous, Mœbius a-t-il écrit les dialogues de L’Incal ? C’est une question chère au cœur de ses admirateurs !
Elle restera sans réponse. Sylvain Despretz penche en faveur de dialogues signés Giraud, au moins pour le premier tome dont le style est très « titi parisien ». Selon Jodorowsky, les dialogues sont le fruit d’une collaboration entre Giraud et lui.

On oublie ?

Mœbius a vécu aux Etats-Unis où il devient une star. Il réalise des dessins pour Les Maîtres de l’univers, Willow ou Abyss !
D’après Jean-Marc Lofficier, qui était son agent – ou plutôt, selon Lofficier, son « manager » – durant son séjour aux Etats-Unis, Mœbius était une véritable star dans ce pays, bien plus qu’en France, et il serait devenu encore plus populaire s’il y était resté. Ce qui est certain, c’est que Giraud adorait vivre dans ce pays.

Il signe aussi une histoire culte pour le Surfer d’Argent. Mœbius disait que c’était son lettrage qui avait sauvé ses planches !
Giraud a bénéficié de conditions exceptionnelles pour sa version du Surfer, car il a pu réaliser lui-même le lettrage, alors que cette étape est normalement prise en charge par un lettreur spécialisé dans l’industrie du comic book. C’est une vraie réussite, mais ce n’est pas Giraud qui réalisera le lettrage de la version française de l’histoire.

©Marvel Comics

Pourquoi cette collaboration avec Marvel n’a pas continué ?
D’après Lofficier, elle se serait sans doute poursuivie si Jean Giraud était resté vivre aux Etats-Unis, mais il a choisi de rentrer en France. Il évoque notamment un projet inabouti autour de Doctor Strange. Giraud a tout de même signé quelques très beaux dessins de super-héros célèbres, ainsi qu’une version parodique de Batman, renommé « Ratman »…

Mœbius est toujours à l’affut ! Il découvre avant tout le monde Akira, Nausicaä, il rencontrera même Toriyama, Go Nagai et Matsumoto lors d’une visite de la Toei Animation!
C’est ce que m’avait raconté François Corteggiani, qui avait accompagné Giraud au Japon à l’invitation d’Osamu Tezuka. Giraud a découvert Miyazaki grâce à son premier fils, Julien, quand ils vivaient à Los Angeles, et les deux auteurs se sont mutuellement influencés. Giraud a toujours été curieux des nouvelles formes graphiques, et il s’est intéressé aux mangas bien avant qu’ils ne soient importés en France.

Dans cette dualité entre Giraud et Mœbius, qui pensez-vous qui l’a emporté ?
C’est grâce au travail de « Gir » sur Blueberry que Jean Giraud est devenu « Mœbius », puis c’est celui-ci qui lui a donné une réputation internationale, notamment au Japon et aux Etats-Unis. J’aime beaucoup les deux, je parlerai donc d’un match nul…

On se retrouve bientôt pour une biographie sur Jodorowsky ?

S’il est partant, avec plaisir ! Comme il vient de fêter ses 95 ans, il faudrait peut-être s’y mettre sans trop tarder… Et il a déjà publié son autobiographie, La Danse de la réalité, que je trouve passionnante.

Quillien a fini de remplir sa grille Gir…
©Bruce Tringale

20 comments

  • Ludovic  

    Merci Bruce pour cet entretien captivant comme il se doit et en fait à l’image du livre que j’avais eu la chance de lire l’année dernière et c’était un vrai plaisir ! Le livre est passionnant et vraiment bien écrit, justement le flot de détails et d’informations y est impressionnant mais jamais on se sent submergé a la lecture et on le lit avec intérêt d’un bout à l’autre. C’est vraiment un livre que je recommande aussi pour tout ceux qui s’intéressent à l’histoire de la bande dessinée quelque soit leur rapport avec l’œuvre de Moebius !

    • Bruce Lit  

      Mon rapport à l’oeuvre de Moebius est assez nul dans la mesure où la plupart des genres sur lesquels il officiait sont exactement ceux qui me rebutent en BD : scifi, fantasy, western.
      Mais effectivement, j’ai tout de même adoré le lire pour son apport à l’histoire de la BD. Tout comme je n’achèterais jamais un disque de Zappa mais continuerai à en lire les articles dans la presse rock.

      • Jyrille  

        Tu n’as jamais accroché à Blueberry, Bruce ?

        • Bruce Lit  

          Non, car le western ne marche pas pour moi en BD. Au cinéma, pas de problème.
          J’ai tenté après la lecture des BLUBERRY après la rédaction de cet article. Mais je ne suis pas rentré dedans.

          • Tornado  

            Essaie UNDERTAKER. Je suis à peu-près sûr que tu ne le regretteras pas.

  • Tornado  

    Ah… L’un des héros de mon adolescence. je l’ai rencontré plusieurs fois lors de séances de dédicaces et c’était à chaque fois compliqué tant il était surbooké (souvent par le staff, qui le soumettait à ses désidératas) et au final, épuisé.
    Il a illustré mes années d’internat au lycée où l’on se passait ses BDs (tiens, L’HOMME EST-IL BON, par exemple…) et où certains d’entre nous copiaient ses dessins en section arts-appliqués.
    L’INCAL est l’une des premières BDs adultes que j’ai lues (article ici-même… 🙄) et c’est un régal à chaque lecture encore aujourd’hui.
    J’ai visité certaines expositions de ses oeuvres, lu des tas d’ITWs et regardé des vidéos dans lesquelles il livrait ses souvenirs et ses réflexions, notamment sur les années passées en Amérique centrale (lorsqu’il a commencé à collaborer avec Jodo) et où il consommait des psychotropes pour expérimenter de nouvelles manières de créer et d’innover avec son art au-delà de celui de la seule BD.
    Bref, un artiste que j’ai suivi quasiment toute ma vie. Et je vois, selon les anecdotes relevées ici, que ça n’a pas encore suffit…

    • Bruce Lit  

      Que ce soit en musique ou en BD, je fuis les œuvres conçues sous psychotropes. Ce qui explique mon rejet massif de la prose de Morrison et certains albums de Moore.

      • Jyrille  

        Grant ou Jim ?

  • Présence  

    Il est incroyable de constater qu’il s’agit de la toute première biographie de l’artiste depuis sa mort en 2012 ! – Une série de questions impeccables comme d’habitude. Bravo chef.

    J’ai interrogé certains témoins à plusieurs reprises, ce qui m’a permis de constater que la mémoire est une chose fragile, car leurs souvenirs pouvaient varier avec le temps ! – Oh que oui ! J’aime beaucoup ce constat qui expose bien la difficulté de l’entreprise d’une biographie.

    L’autre difficulté tenait à l’articulation entre ces différentes sources et mon propre récit, avec l’obligation de rendre le tout cohérent, fluide et lisible… – Je ne m’attendais pas à l’expression : Mon propre récit. En fait, cette interview me fait prendre conscience que je ne me suis jamais interrogé sur le processus de construction d’une biographie. Ça a l’air beaucoup plus compliqué et épineux qu’il n’y parait.

    Mœbius nourrissait une obsession pour le sadomasochisme. – Quuoaaa ??? On en apprend des choses… Ou alors j’ai gardé une âme d’enfant incapable de percevoir ce genre de penchant.

    Jodorowsky qui a réussi à faire un véritable mythe d’un film qui n’a jamais vu le jour et dont on continue pourtant à parler… – Voilà un bel exemple de légende : le film qui n’existe pas et qui fait parler.

    • Bruce Lit  

      J’avais lu une interview de Roger Waters il y a 20 ans qui m’avait interpellé comme toi : il disait que le cerveau fabriquait ses propres souvenirs avec le temps. C’est assez flippant et évident : il n’existerait pas de vérité absolue, qu’une multitude de points de vue. C’est tout le propos de WATCHMEN.
      Les obsessions SM de Moebius sont bien décrites dans le livre de Christophe sans faire dans le -VOICI.
      J’ai croisé Jodo la semaine dernière. C’est désormais un vieux monsieur de 95 ans tout fragile qui ne se déplace plus qu’en fauteuil roulant. Lui parler c’était agresser un joli papi.

      • Bruno. :)  

        Sacré parcours, le Jodo.

        La réalité absolument tributaire du point de vue, c’est aussi très clairement explicité à la fin de la série Evangelion -de manière très didactique.
        Après, quand le cerveau ré-interprète les souvenirs, ça ne devient vraiment problématique que lors ce qu’on confond (de très bonne foi) des « souvenirs » d’évènements complètement imaginaires (associations arbitraires et surprenantes du subconscient ?!) avec des faits ayant réellement eu lieu… À l’énoncé d’un tel « souvenir » (et alors que, très confus, je réalisais en le racontant l’impossibilité intrinsèque de ce que je décrivais), j’ai une collègue de boulot qui m’a conseillé de sauter la case Psi pour directement aller me faire interner :))
        C’est fou, la psyché humaine : les artistes sont loin d’en avoir épuisé toutes les possibilités d’expression.

  • Jyrille  

    Alors déjà, excellent titre. Bravo. Ensuite, oui, je n’ai pas lu les bds sur Gainsbourg (ce n’est clairement pas le genre de choses que je trouve très créative, il suffit de regarder la bd qui illustrent les chansons de Renaud), mais les couves de Moebius sont super. Tout comme ses dessins de super-héros. Je vous ai raconté mon histoire du poster de Iron Man par Moebius, non ?

    ecosia.org/images?q=moebius%20gainsbourg&addon=opensearch#

    J’ai le Numa Sadoul à lire, Docteur Moebius et Mister Gir.

    L’interview se lit toute seule et j’apprends encore des choses, rah tu aides pas, j’ai envie de lire cette biographie maintenant… Je me répète mais l’exposition Moebius / Miyazaki que j’avais vue à la Monnaie de Paris était vraiment très chouette. Merci pour la discussion !

    • Bruce Lit  

      Le lien ne marche pas.
      Pour le titre il s’est imposé juste avant l’envoi à GEEK.

      • Jyrille  

        bedetheque.com/serie-12342-BD-Chansons-de-Gainsbourg.html

  • Fletcher Arrowsmith  

    Bonsoir Bruce.

    Il semble que l’on partage le même rapport à Moebius tous les deux. J’adore son trait, réellement. Je trouve que c’est clairement un génie du 9ème art. Mais je n’apprécie peu les bd sur lesquels il a travaillé. Exception (et encore), le dernier (il me semble) cycle de Blueberry sur OK Corral (Mister Blueberry) car on me l’a offert dans un beau coffret.

    Mais j’ai apprécié cette interview. Cela balaye large, sans censure. Très intéressante la partie sur le lien avec les mangas et Miyazaki que je connaissais.

    Pas ou peu de livre sur Moebius. En fait il n’y a pas tant de livre sur les auteurs de bd en général. C’est bien dommage.

  • Bruce Lit  

    Entre la scifi, les western et les histoires hallucinées, Moebius a œuvré dans des styles qui ne me parlent pas.

  • Bruno. :)  

    J’ai un rapport très conditionné par l’époque, avec cet artiste-ci.
    L’imaginaire purement visuel de Moebius m’a effectivement poursuivi pendant de nombreuses années, durant mon adolescence et ma jeunesse ; et puis, assez rapidement, ma fascination pour l’énergie implicite du moindre Comic Book a rafraichi mon enthousiasme pour ses cases à lui, pourtant si évidemment maitrisées et lisibles. Je n’ai plus voyagé en sa compagnie qu’au travers de ses illustrations « illustratives », y retrouvant quasi systématiquement les univers S.F. très oniriques et Romantiques de mes premières joies (enfantines) de lecteur.
    Seuls les chapitres si riches de L’Incal m’ont fait ressentir aussi fort l’intérêt de son graphisme : la chaleur intrinsèque de la personnalité de Jodorowsky infusant même les scènes les plus anecdotiques d’une Humanité très bienvenue ; un ressenti que je n’ai que peu perçu à la lecture de certaines de ses œuvres en solo (Stell…).
    Un peu allergique au Western, je n’ai lu qu’un seul Blueberry, et ne me souvient même plus du titre, ni du sujet -honte sur moi. Mais, même dans ce contexte hyper-réaliste (et si bien maitrisé), je n’ai pas perçu grand chose de chaleureux -à contrario du travail de Herman, sur Bernard Prince, dont les cases débordent de sensualité.
    J’imagine que la lecture d’un tel ouvrage, pour passionnante qu’elle doit être par rapport à tout ce qui concerne le parcours artistique de Moebius, ne m’intéresse en revanche que moyennement pour ce qui est du personnage, lui-même : comme tout grand créateur, il y a forcément une authenticité réelle à ce qu’il a inclue dans son travail ; et la froideur (très esthétique) qui l’habite annihile un peu ma curiosité envers le bonhomme -et le chapitre sur ses travers « sociopathes » enfonce un peu le clou, pour moi.
    Mais monument du médium -entre autres-, je suis bien d’accord.

  • Sébastien Zaaf  

    Merci Bruce pour cette magnifique interview. Giraud est pour moi un jalon dans mon amour de la BD. Et je dis bien Giraud. Son double Moebius m’intrigue mais je le connais peu. Par contre Blueberry est une immense référence dans ma culture bd western.

  • Eddy Vanleffe  

    J’aime bien le Western en BD, le genre y a même trouvé une forme de survivance par rapport au cinéma, car ça n’a jamais disparu…
    BLUEBERRY avait déjà cet esprit plaidoyer pour les indiens,
    quand il est tunique bleue ce n’est pas ma partie préférée, mais la longue saga où il est fugitif et brisé, c’est quand même une belle page de la BD internationale.
    Mon préféré restera COMMANCHE, j’aime ce pistolero rouquin, c’était plus « italien » dans le feeling et les dialogues de Greg sont puissants.
    BOUNCER et d’autres sont venus prendre la relève… il y a plein de classiques finalement.

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